Déclaration «Inscrire les sites mémoriels des anciens camps de concentration sur la liste du patrimoine mondial»

22.03.2026
À une époque où la démocratie et l’État de droit en Europe ne peuvent plus être considérés comme acquis, les comités internationaux des anciens camps de concentration appellent les gouvernements européens à protéger ces sites importants.

Après la libération des camps de concentration nazis à la fin de la Seconde Guerre mondiale, d’anciens détenus se sont regroupés au sein de divers comités internationaux représentant des comités nationaux de différents pays. Tous ces comités, qui fonctionnent sur une base bénévole, se sont non seulement engagés pour les intérêts des personnes directement concernées et de leurs familles, mais ont également œuvré à la préservation de sites mémoriels dignes. Dans de nombreux cas, ils ont dû lutter pendant des années pour établir ces lieux de mémoire. En outre, ils ont constamment défendu une Europe plus sûre et unie, dans laquelle les droits de l’homme sont inviolables. La préservation de valeurs telles que la paix, la démocratie, la sécurité européenne, l’unité, la fraternité et l’humanité est inscrite dans les statuts de la plupart des comités.

Actuellement, les comités internationaux expriment de sérieuses inquiétudes quant aux menaces pesant sur l’État de droit et aux tendances antidémocratiques tant en Europe qu’à l’échelle mondiale. La sécurité européenne est sous pression et les tensions internationales s’intensifient. Dans le même temps, la valeur des sites mémoriels est niée et remise en question.

Ces sites mémoriels jouent un rôle crucial dans la culture de la mémoire aujourd’hui. Ils constituent des témoignages authentiques et tangibles d’une époque où la privation totale des droits a conduit à des crimes de masse d’une ampleur inimaginable. En outre, ils replacent ces événements dans un contexte plus large marqué par l’absence d’État de droit ainsi que de droits fondamentaux et humains — le « droit d’avoir des droits » (Hannah Arendt). Ils établissent ainsi des liens avec le présent et servent d’avertissement essentiel. Il est indispensable que les sites mémoriels puissent poursuivre leur travail et soient protégés contre toute forme de falsification historique ou d’instrumentalisation politique.

Pour cette raison, la Commission européenne, le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et tous les États membres ont adopté à l’unanimité en 1991 une résolution appelant à la préservation et à la protection des sites mémoriels situés sur les lieux des anciens camps de concentration nazis (résolution B3-0208, 0218, 0219, 0228 et 0284/93). À ce jour, cette résolution n’a pas été mise en œuvre dans le cadre d’un agenda européen commun.

La Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO de 1972 vise à mieux préserver, pour les générations futures, des sites présentant une valeur universelle exceptionnelle pour l’humanité. Outre la protection internationale qu’offre l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, ce statut favorise également la compréhension entre les cultures.

Les sites mentionnés ci-dessus revêtent une importance majeure pour l’ensemble de l’humanité, car ils rendent visible ce qui se produit lorsque la dignité de tous les êtres humains n’est pas protégée. Leur valeur, tant en tant que lieux qu’en tant que symboles, est universelle.

Par conséquent, les comités internationaux signataires et les sites mémoriels qui leur sont associés appellent leurs chefs de gouvernement à proposer ces sites pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial, s’ils n’y figurent pas déjà: